Theory and History of Ontology

by Raul Corazzon | e-mail: rc@ontology.co

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ebook: Ontology | Logic

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Bernard Bolzano: Bibliographie des Traductions et des Études en Français

TRADUCTIONS

  1. Rychlík, Karel. 1961. "La théorie des nombres réels dans un ouvrage posthume manuscrit de Bernard Bolzano." Revue d’histoire des sciences et de leurs applications no. 14:313-327.

    "La théorie des nombres réels (T.N.R.) de Bernard Bolzano fait partie de sa Grössenlehre (Théorie des quantités), laissée en manuscrit et restée inachevée. C'est principalement au cours des années 1830 à 1835, après avoir terminé son oeuvre importante sur la logique, Wissenschaftslehre (Théorie de la science), que Bolzano travaillait à cette vaste oeuvre.

    (...)

    Dans sa T.N.R., Bolzano tâche tout d'abord d'effectuer l'arithmétisation de la T.N.R., qui fut développée beaucoup plus tard de trois manières différentes par K. Weierstrass (1860), C. Méray (1869), et G. Cantor (1872), et finalement par R. Dedekind (1872). Bolzano peut être considéré à bon droit comme précurseur de ces mathématiciens: l'idée du fondement purement arithmétique des nombres réels se dessine chez lui tout à fait nettement, bien que ses considérations concernant ce sujet ne soient pas tout à fait irréprochables.

    Bolzano donne ensuite le « développement de Cantor » des nombres réels; il le prend pour point de départ pour déduire les propositions ultérieures concernant les nombres réels; la trichotomie des relations « plus grand » et « plus petit », le théorème d'Archimède (Eudoxe), le théorème de Cauchy-Bolzano, le théorème de Bolzano-Weierstrass et finalement un théorème qui rappelle le théorème de Dedekind. Ces considérations pourraient, sans grands changements, être amenées à la précision requise de nos jours. Ce manuscrit de Bolzano publié, même en son état actuel, aurait pu accélérer considérablement le progrès des mathématiques.

    La Ire Partie du présent article contient un Abrégé du manuscrit de la T.N.R.

    Dans la IIe Partie intitulée « Conclusion », je tâche de corriger et de compléter l'oeuvre de Bolzano.

    La IIIe Partie comprend la Bibliographie." (pp. 313-314).

  2. Sebestik, Jan. 1964. "Bernard Bolzano et son mémoire sur le théorème fondamental de l’Analyse." Revue d’Histoire des Sciences no. 17.

    Traduction de Rein analystischer Beweis der Lehrsatzes (1817) avec le titre: Démonstration purement analytique (pp. 136-164).

    Repris dans B. Bolzano, Premiers écrits. Philosophie, logique, mathématique, pp. 209-243.

  3. Bolzano, Bernard. 1975. Qu'est-ce que la philosophie? Québec: Presses de l'Université de Laval.

    Rédigé en 1839; traduction et commentaire par Denis Macabrey.

  4. ———. 1987. "De la mathématique universelle ou arithmétique." Archives de Philosophie no. 50:403-411.

    Traduction et commentaire de Jan Sebestik.

    Repris dans B. Bolzano, Premiers écrits. Philosophie, logique, mathématique, pp. 259-261.

  5. ———. 1990. "Sur la doctrine kantienne de la construction des concepts par les intuitions." Philosophie no. 27:3-12.

    Traduction de l'Appendice à Contributions zu einer begründeteren Darstellung der Mathematik (1810) par Jacques Laz; repris dans: J. Laz, Bolzano critique de Kant, Paris, Vrin, 1993, p. 161-82.

    Version revue et corrigée dans B. Bolzano, Premiers écrits. Philosophie, logique, mathématique, pp. 131-138.

  6. ———. 1992. "Introduction à la théorie des grandeurs et Wissenschaftslehre." In Logique et fondements des mathématiques. Anthologie (1850-1914), edited by Rivenc, François and de Roulhan, Philippe, 15-28. Paris: Payot.

    Traduction et commentaire de Jan Sebestik.

  7. ———. 1993. Le paradoxes de l'infini. Paris: Seul.

    Traduction de Hourya Sinaceur.

  8. Prihonski, Franz. 2006. Bolzano contre Kant. Le Nouvel Anti-Kant. Paris: Vrin.

    Introduit, traduit et annoté par Sandra Lapointe.

  9. Bolzano, Bernard. 2008. De la méthode mathématique et Correspondance Bolzano - Exner. Paris: Vrin.

    Œuvres choisies I.

    Traduction coordonnée par Carole Maigné et Jan Sebestik.

  10. ———. 2010. Premiers écrits. Philosophie, logique, mathématique. Paris: Vrin.

    Œuvres choisies II.

    Édition coordonnée par Carole Maigné et Jean Sebestik.

  11. ———. 2012. "Du concept du beau, § 37-40." In Formalisme esthétique Prague et Vienne au XIXe siècle, edited by Maigné, Carole, 57-73. Paris: Vrin.

    Traduction par Carole Maigné et Gaëtan Pégny de Über den Begriff des Schöen, BGA I 18, pp. 87-238, (§ 37-40).

  12. ———. 2015. "Textes choisis sur les domaines des sciences, l’intuition et la théorie du langage." Philosophie no. 2:12-21.

    Traduit et présenté par Alain Gallerand.

ÉTUDES

  1. "Bernard Bolzano." 1999. Revue d'Histoire des Sciences no. 52:339-506.

    Numéro spécial consacré à la mathématique et à la logique chez Bolzano, rassemblant les contributions suivantes en français:

    Hourya Sinaceur: Introduction 339-341; Hourya Sinaceur: Réalisme mathématique, réalisme logique chez Bolzano 457-477; Jan Sebestik: Forme, variation et déductïbilité dans la logique de Bolzano 479-506.

  2. "Bernard Bolzano." 2000. Études Philosophiques no. 4:433-534.

    Sous la direction de Jocelyn Benoist.

    Table des matières: Jocelyn Benoist: Présentation 433; Mark Textor: Bolzano et Husserl sur l'analyticité 435; Sandra Lapointe: Analyticité, universalité et quantification chez Bernard Bolzano 455; Claudio Majolino: Variation(s) I. Bolzano et l'équivocité de la variation 471; Ali Benmakhlouf: La proto-sémantique de Bolzano 489; Jocelyn Benoist: Pourquoi il n'y a pas d'ontologie formelle chez Bolzano 505; Jacques Bouveresse: Sur les représentations sans objet 519-534.

  3. "Bernard Bolzano. Philosophie de la logique et théorie de la connaissance." 2003. Philosophiques no. 30.

    Sous la direction de Sandra Lapointe.

    Index: Sandra Lapointe: Introduction: Bernard Bolzano: contexte et actualité 3; Rolf George; Intuitions 19; Jan Sebestik: La dispute de Bolzano avec Kant: fragment d'un dialogue sur la connaissance mathématique 47; Paul Rusnock: Qu'est-ce que la représentation? Bolzano et la philosophie autrichienne 67; Benjamin Schnieder: Bolzano sur la structure des propositions et le rôle sémantique des propriétés 83; Mark Textor: Bolzano sur le temps et la persistance 105; Peter Simons: Bolzano sur les nombres 127; Jocelyn Benoist: Propriété et détermination: Sémantique et ontologie chez Bernard Bolzano 137; Edgar Morscher: La définition bolzanienne de l'analyticité logique: 149; Mark Siebel: La notion bolzanienne de déductibilité 171; Armin Tatzel: La théorie bolzanienne du fondement et de la conséquence 191; Jacques Dubucs et Sandra Lapointe: Preuves par excellence 219; Sandra Lapointe: Bibliographie 235-243.

  4. Benmakhlouf, Ali. 2000. "La proto-sémantique de Bolzano." Études Philosophiques 489-504.

    "Le projet de B. Bolzano, « le Leibniz de la Bohême », est de considérer comme une des tâches de sa vie le fait d’« endiguer l’épouvantable désordre que Kant, sans le présumer lui-même, a occasionné par ses philosophâmes en Allemagne »(2). Husserl lui rend hommage dans les Prolégomènes à la logique pure : « C’est sur l’ouvrage de Bolzano [la Wissenschaftslehre], que la logique doit s’édifier comme science »(3), car ce nouveau Leibniz a su mettre la philosophie sur le chemin d’un «savoir théorique analytique universel» sans l’obstruer de « vision du monde ou de sagesse universelle », équivoque préjudiciable au progrès philosophique. Deux perspectives vont retenir ici notre attention :

    1 / Dans les Contributions à une exposition des mathématiques sur de meilleurs fondements, texte de 1810, Bolzano invalide l’existence de l’intuition pure en nous montrant que c’est là une notion contradictoire. Kant était parti des mathématiques pour élaborer cette notion, c’est des mathématiques que vient aussi la critique. Les propositions arithmétiques n’empruntent rien à l’intuition et sur cette base minent le fondement épistémologique kantien.

    2 / Autre chantier ouvert : la distinction entre ordre en soi de la vérité et ordre pour nous ; seul le premier ordre est objet de la science. Il faut rompre avec l’idée d’une connexion étroite entre l’indémontrabilité et l’immédiateté. L’immédiat pour nous, donné par l’intuition ou l’évidence ne relève pas de l’indémontrable, qui est toujours en soi et indépendant de nous. Les critères de l’indémontrable sont la simplicité et la justification, ceux de l’immédiateté sont l’intuition et l’évidence, nous avons là deux régimes totalement différents de la connaissance. Par là même la coïncidence kantienne entre l’acte de conscience et le formel auto fondateur de l’accord de la connaissance avec elle-même est non seulement inutile mais nuisible, comme l’a montré J. Cavaillès (4)." (p. 491)

    2. Testament de Bolzano, cité, in Laz, Bolzano critique de Kant, Vrin 1991, p. XIII.

    3. Husserl, Prolégomènes à la logique pure, tr. fr., PDF, p. 248-259.

    4. Kant avait souligné le fait que la logique générale faisait abstraction de tout contenu de la connaissance, c’est-à-dire de toute relation de celle-ci à un objet, nous sommes en droit de nous demander si cette abstraction est possible, si, comme le note J. Cavaillès, l’ « abstraction qui donne le logique étant radicale », nous ne tombons pas finalement dans le « vide »; «ni du côté matière, puisqu’elle porte sur l’indéfini “tout objet”, ni du côté forme, elle ne s’accroche à une qualification positive ». La question de Cavaillès à Kant est alors la suivante: «Que tirer de l’exigence d’accord de la pensée avec elle-même sinon l’éternelle répétition » ? (...) « Pour que l’accord revêtit un sens plein, il faudrait qu’il y eut au moins une différenciation à l’intérieur de la pensée, que l’occasion du désaccord possédât déjà un contenu, mais la logique serait alors logique transcendantale ou dialectique » (in Sur la logique et la théorie de la science, p. 6, Hermann, 1994).

  5. Benoist, Jocelyn. 1997. "De Kant à Bolzano: Husserl et l'analyticité." Revue de Métaphysique et de Morale:217-238.

    Repris dans: J. Benoist: Phénoménologie, sémantique, ontologie. Husserl et la tradition logique autrichienne, Paris: P.U.F., 1997, avec le titre: L'héritage de Bolzano: l'analytique formel, pp. 59-81.

    "Dans les Recherches Logiques, Husserl a recours à un concept d’analyticité qui s’écarte des définitions kantiennes. En fait, pour le comprendre, il faut se plonger dans la tradition d’analyse logique autrichienne qui remonte à Bolzano. L’analyticité est ici une propriété formelle, qui s’illustre par la possibilité de la mise en variables de propositions, leur vérité étant maintenue. Husserl ne laisse toutefois pas la question dans l’état dans lequel Bolzano l’avait laissée: surgit la question propre aux Recherches Logiques, qui est celle du sens et du statut du logique comme tel."

  6. ———. 1999. L'a priori conceptuel. Bolzano, Husserl, Schlick. Paris: Vrin.

    "Ce livre poursuit, sur un autre terrain, le travail entrepris dans notre Phénoménologie, sémantique, ontologie. Il répond à un triple objectif.

    1) Avancer le chantier, ouvert par le livre précédent, d’une investigation documentée des origines de la phénoménologie, des influences qui ont pu s’exercer sur elle et du contexte dans lequel elle s’est développée, encore encore aujourd’hui très mal connu, spécialement en France, ce qui fait encore peser sur elle un certain nombre de malentendus.

    2) Faire un pas de plus dans le sens d’une confrontation entre phénoménologie et philosophie analytique, contribuant ainsi à un éclaircissement de ce qui demeure sans aucun doute la contradiction philosophique majeure de notre époque, et créant les conditions d’un regard rétrospectif sur l’histoire de la philosophie du XXe siècle, qui devrait commencer aujourd’hui à être possible. La méthode adoptée ici, plutôt que de se réfugier dans des généralités sur la phénoménologie et la philosophie analytique et de formuler des vœux pieux en ce qui concerne leur réconciliation annoncée, consistera à interroger leur clivage au niveau même des décisions adverses qui ont pu être prises dans l’histoire respective des deux courants de pensée, et cela en se fixant sur un problème très précis qui a pu, dans cette fracture, jouer un rôle décisif, jusqu’à la matérialiser.

    Accessoirement, ce travail devrait permettre de donner un certain écho, en France, à certains aspects, si mal connus dans ce pays2, de l’histoire de la philosophie analytique et de ses origines. Ainsi, on trouvera dans ce livre des exposés substantiels consacrés à Bolzano et à Schlick qui devraient contribuer à une meilleure connaissance de l’histoire (et de la préhistoire) du mouvement analytique et à une appréciation plus exacte des thèses qu’il a pu mettre au centre de ses discussions.

    3) Construire, précisément, un problème déterminé présent à l’état latent dans la philosophie contemporaine au moyen de certaines références prises dans l’histoire de la philosophie des deux derniers siècles. Ce livre est thématiquement consacré au problème du synthétique a priori, tel que nous l’héritons apparemment de Kant - et on remontera effectivement jusqu’à cette origine kantienne pour en cerner les enjeux, - tel qu’il fut une pomme de discorde entre l’empirisme logique, père officiel de ladite « philosophie analytique », et la phénoménologie, et tel qu’ il conserve une indiscutable actualité. La question est celle de savoir comment on peut - et s’il faut-se représenter certaines propriétés comme constitutivement liées à tel ou tel type de choses et comme faisant partie de leur définition pour ainsi dire de droit. Y a-t-il des conditions de possibilité des choses qui excèdent celles, purement formelles, de définition de l’objet en général comme objet logique, pris en dehors de son inclusion dans tel ou tel domaine d’être et de sens? Telle est la question - intrinsèquement phénoménologique1 - que nous voudrions rouvrir pour notre compte ici, non sans quelque défi lancé à une pensée contemporaine à dominante anti-essentialiste qui paraît en règle générale peu favorable au concept de synthétique a priori." (pp. 7-8, notes omises)

  7. ———. 1999. "Bolzano, Husserl et l'idée de grammaire." Études Philosophiques:521-534.

    Repris dans: J. Benoist, Entre acte et sens. Recherches sur la théorie phénoménologique de la signification, Paris: Vrin, 2002, avec le titre: Grammaire ou méréologie des représentations, pp. 33-48.

    "Au paragraphe 56 de la Wissenschaftslehre, Bolzano avance un principe de compositionnalité ( Zusammengesetztheit) des représentations en soi, principe à l’appui duquel il invoque l’expérience phénoménologique de la «représentation pensée », que d’autres textes spécifient comme le corrélat subjectif de la représentation en soi (1): « notre conscience nous enseigne en effet que nous distinguons presque dans chacune des représentations pensées certaines parties, dans la liaison desquelles elle consiste » (2).

    L’articulation du langage en mots porte également témoignage d’une telle composition : la simple pluralité des mots employés pour restituer la signification de telle ou telle expression peut renvoyer à la complexité de la représentation, même s’il n’est pas dit, contrairement à ce que pourraient suggérer certaines analyses de Bolzano, qu’elle la réfléchisse exactement (3).

    Bolzano a un mot pour désigner la teneur méréologique de la représentation, c’est-à-dire la « somme » de ses parties : le contenu ( Inhalt) de la représentation, le mot que Kant utilisait pour désigner son intension (par opposition à son extension). « Somme » ( Summe) doit ici être entendu en un sens bien particulier: la somme n’est rien d’autre qu’un ensemble dans lequel une sous-partie d’une partie est encore une partie de l’ensemble (4), et nullement une opération. Cette définition ne comprend aucune contrainte d’ordre: on a en quelque sorte ici affaire aux constituants de la représentation « en vrac ». C’est ce qui constitue son « contenu », autant dire son matériau méréologique. On est donc très loin de la teneur intensionnelle de l' Inhalt au sens kantien du terme.

    Bolzano le souligne lui-même :

    Comme, par ce contenu, on n’entend que la somme des constituants dont est constituée la représentation, mais non la façon que ces parties ont d’être liées ensemble, une représentation n’est donc pas encore entièrement déterminée par l’indication de son contenu, mais, à partir d’un contenu univoquement donné, on peut parfois obtenir deux (ou plus) représentations différentes (5)." (pp. 35-36)

    (1) Cf. Wissenschaftslehre, Sulzbach, 1837, § 48, l’opposition entre la « représentation eue » ou « pensée » et la « représentation en soi ». Le même paragraphe, Bd. I, p. 217, précise qu’à toute représentation subjective correspond une représentation en soi, qui constitue sa matière ( Stoff) et pour ainsi dire sa teneur sémantique. Le § 52, p. 228 sq., nous met toutefois en garde contre l’idée d’une corrélation nécessaire de l’une à l’autre, car elle reviendrait à prendre la représentation en soi au piège d’un rapport qui lui demeure extrinsèque.

    (2) Wissenschaftslehre, § 56, Bd. I, p. 243. En fait, les deux « remarques » jointes à ce paragraphe, p. 244-246, apportent immédiatement des restrictions à cette transposition du plan subjectif de la représentation au plan objectif: il peut y avoir dans la représentation en soi des parties qui ne sont pas représentées distinctement dans la représentation subjective, voire qui n’y sont pas représentées du tout, de même qu’une partie peut très bien être représentée dans la représentation subjective sans que rien lui corresponde dans la représentation en soi. Il n’y a pas d’isomorphie de l’une à l’autre, mais juste extension d’un seul et même principe de compositionnalité.

    (3) La bonne articulation de la représentation serait à trouver au niveau du sens de l’expression, dont la forme linguistique apparente ne reproduit pas forcément la structure. Nous renverrons ici aux réflexions de notre amie Sandra Lapointe sur la notion de paraphrase à introduire chez Bolzano.

    (4) Cf. Wissenschaftslehre, § 84, Bd. I, p. 400.

    (5) Wissenschaftslehre, § 56, Bd. I, p. 244.

  8. ———. 2000. "Pourquoi il n'y a pas d'ontologie formelle chez Bolzano." Études Philosophiques 505-518.

    Repris dans: J. Benoist, Entre acte et sens. Recherches sur la théorie phénoménologique de la signification, Paris: Vrin, 2002, pp. 49-65.

    "Pourtant, y a-t-il une véritable « ontologie formelle » chez Bolzano? Cette notion même peut-elle avoir un sens dans le contexte de pensée qui est le sien?

    On peut rappeler ici la mise en garde de Husserl dans Logique formelle et logique transcendantale. Bolzano n’aurait « pas vu la distinction entre la forme vide du quelque chose en général prise comme genre suprême qui se différencie en tant que forme formelle vide et la région universelle de l’existant (Daseiendes) possible (du réel [des Realen] au sens le plus large), région qui se différencie en régions particulières »(2).

    Dans son livre sur l’ontologie formelle, Frédéric Nef écrit qu’un tel reproche est « plus intéressant pour la conception qu’il trahit de l’ontologie formelle que pour ce qu’il dit de Bolzano »(3). Et il est vrai qu’une telle critique réfléchit certainement la conception que Husserl se fait de l’ontologie formelle. Pour autant est-elle injustifiée, et ne nous dit-elle rien sur Bolzano? Nous n’en sommes pas sûr. Tout à la fois nous ne sommes pas certains, quant à nous, que Husserl ait raison dans le débat qui l’oppose ici à Bolzano: c’est-à-dire sur le point de savoir s'il faut une ontologie formelle, ou en tout cas si celle-ci peut avoir une portée autre que locale (et rendre compte, par exemple, d’autre chose que des seuls mathematica). Mais nous pensons qu’en revanche Husserl a raison sur un point historique : le diagnostic de l’absence d’ontologie formelle chez Bolzano précisément, et cela en tout sens - et non seulement au sens de Husserl. Sur ce point, Husserl, fin historien de la philosophie à ses heures, nous apprend plus sur Bolzano que les reconstructions modernes. Tout le problème est alors de ré-apprécier la position de Bolzano, dans son originalité bien détectée par Husserl, avec d’autres yeux que ceux de Husserl." (pp. 505-506).

    (2) Logique formelle et logique transcendantale, tr. fr. Suzanne Bachelard, Paris, PUF, 1957, §26d p. 117.

    (3) L’objet quelconque. Recherches sur l'ontologie de l'objet, Paris, Vrin, 1998, p. 124.

  9. ———. 2001. Représentations sans objet. Aux origines de la phénoménologie et de la philosophie analytique. Paris: Presses Universitaires de France.

    Voir le Chapitre 1: Bolzano et le paradoxe des objets inexistants, pp. 17-41.

    "Il faut rappeler ici brièvement les présupposés qui sont ceux de la Wissenschaftslehre en ce qui concerne la notion de « représentation ». Lorsque, dans la Doctrine des éléments de la Wissenschaftslehre, Bolzano parle de « représentations en soi », il s’agit de ce qu’on pourrait appeler la teneur sémantique de la représentation, et dont le modèle est clairement celui, linguistique, d’unités de sens correspondant aux différents mots, même s’il demeure extrinsèque à ce sens d’être effectivement proféré ou non, et d’apparaître dans un éventuel discours — il lui est en tout cas, si c’est possible, encore plus extrinsèque d’être effectivement représenté ou non (en un sens psychologique) par un sujet. Il s’agit en premier lieu d’une dépsychologisation de la représentation — dont la détermination traditionnelle, mentale, est ravalée au rang de seule représentation « subjective », la « représentation en soi » se voyant aussi, par contraste, qualifiée de « représentation objective». Toute représentation subjective contient comme son sens (sa « matière » : Stoff) une représentation en soi ou objective, qui, en raison même de son statut sémantique, a une dimension d’idéalité, et est indépendante des fluctuations de la subjectivité représentante. Inversement, il n’est pas dit qu’à toute représentation objective doive correspondre une représentation subjective dans laquelle elle viendrait s’incorporer et qui, en quelque sorte, la supporterait. Bolzano dit même très expressément le contraire, et il faut faire droit (ratification ultime de la thèse d’idéalité de la représentation objective) à la possibilité de représentations en soi qui n’auraient pas de manifestation subjective, c’est-à-dire ne seraient représentées ni énoncées par qui que ce soit (1).

    Or, parmi les représentations entendues en ce sens-là, sémantique et objectif, il en est qui sont sans objet. C’est l’objet du célèbre § 67 de la Wissenschaftslehre." (pp. 17-18)

    (1) Cf. la très importante mise au point n° 2 du § 52 de la Wissenschaftslehre, Bd. I, p. 228 (contre Briefwechsel mit Exner, lettre à Exner du 23 août 1833, p. 86-87: « A chaque représentation objective correspond une représentation subjective qui lui appartient, qui est sa conception ( Auffassung). »). Là sans doute on trouverait la limite du rapprochement de la doctrine bolzanienne de la représentation subjective et de la représentation objective et de la doctrine husserlienne de la corrélation noético-noématique — ou plus exactement phansio-ontique, sur le terrain de la doctrine de la signification (cf. Husserl, Sur la théorie de la signification, § 8 b, p. 62). On notera par ailleurs que l’entendement divin sert toutefois alors à Bolzano, de façon traditionnelle, à supporter dans sa pensée les « représentations en soi »: cf. la réserve de la fin du § 48 de la Wissenschaftslehre, Bd. I, p. 218 : «Il peut y avoir des représentations objectives qui ne sont reçues dans la conscience d’aucun être pensant — à l'exception de Dieu » (nous soulignons). Mais Bolzano précisera aussi qu’une telle incarnation est inessentielle à ladite représentation.

  10. ———. 2002. Entre acte et sens: recherches sur la théorie phénoménologique de la signification. Paris: Vrin.

    Première partie: L'univers du sens: Bolzano Chapitre I: Grammaire, ou méréologie des représentations 33; Chapitre II: Pourquoi il n'y a pas d'ontologie formelle chez Bolzano 49; Chapitre III: Sens et non-sens 67-86 [inédit].

    "De fait, il y a bien une théorie des impossibilia dans la Wissenschaftslehre de Bolzano. Et cette théorie témoigne d’intéressantes similarités, aussi bien que des différences, avec la théorie supposée de Wittgenstein.

    Du point de vue de Bolzano, ce problème relève de ce cercle de problèmes connu sous le nom de: représentations sans objet (gegenstandlose Vorstellungen).

    Qu’est-ce qu’une représentation sans objet? Et, en premier lieu, qu’est-ce qu’une représentation?

    Sous les termes «représentations en soi » et «propositions en soi », Bolzano vise ce qu’on pourrait appeler des entités sémantiques, qui relèvent d’une théorie de la signification.

    La seconde classe de ces entités, les propositions en soi, est construite sur la première. Les propositions en soi sont des combinaisons de représentations en soi.

    Pourtant, jusqu’à un certain point, dans l’œuvre de Bolzano, les représentations en soi sont déterminées exclusivement en référence aux propositions en soi, qui semblent avoir une sorte de priorité logique. La seule caractérisation que Bolzano semble être capable de donner des dites représentations en soi est que ce sont des parties de propositions en soi (les parties de ces entités porteuses de valeur de vérité que sont les propositions qui ne sont pas encore elles-mêmes porteuses de valeur de vérité).

    Les propositions en soi étant définies comme des combinaisons de représentations en soi qui, en tant que combinaisons, ont une valeur de vérité, il semble qu’il y ait là comme un cercle vicieux.

    Remarquons cependant que Bolzano, au paragraphe 52-1 de la Wissenschaftslehre, insiste sur le fait que la caractérisation (il s’agit tout au plus d’une explication élucidatrice, ce que Bolzano appellerait une Verstândigung, qui aide à cerner le sens d’un terme, et aucunement d’une définition) de la représentation en soi comme partie de la proposition en soi, partie qui n’a pas encore elle-même de valeur de vérité, est seulement extrinsèque, et nullement essentielle. En réalité, le réalisme sémantique strict qui est le sien conduit Bolzano à considérer que les représentations en soi précèdent leur possible combinaison, et sont, dans leur sens (dans le fait d’avoir un sens pour elles, et dans le contenu de celui-ci), indépendantes de celle-ci. Tout comme les combinaisons dont il est question (id est les propositions en soi, dans le cas où ces combinaisons ont une valeur de vérité) consistent également en elles-mêmes, dans une sorte d’objectivité, indépendamment de tout acte subjectif de combiner." (pp. 68-69)

  11. ———. 2002. "La réécriture par Bolzano de l' Esthétique transcendantale." Revue de Métaphysique et de Morale:287-303.

    "L' Elementarlehre de la Wissenschaftslehre de Bolzano peut être lue comme une sorte de réécriture de l' Elementarlehre de la Critique de la raison pure. Bien sûr, on pourrait avoir l'impression que toute Esthétique Transcendantale fait ici défaut. Des déterminations qui sont supposées intuitives chez Kant sont réinterprétées par Bolzano comme purement conceptuelles. Pourtant, en fait, développant sa propre Esthétique Transcendantale du point de vue d'une sémantique objective, Bolzano invente une nouvelle sorte d'a priori pour la sensibilité - précisément un a priori purement conceptuel."

  12. ———. 2002. "Bolzano et l'idée de Wissenschaftslehre." In Les philosophes et la science, edited by Wagner, Pierre, 659-678. Paris: Gallimard.

  13. ———. 2003. "Propriété et détermination: sémantique et ontologie chez Bernard Bolzano." Philosophiques no. 30:137-148.

    "L’auteur essaie de circonscrire la sphère du «métaphysique » dans la pensée de Bolzano. Il montre comment la métaphysique de la réalité ( Wirklichkeit), avec ses deux ingrédients: les substances et les propriétés ( Beschaffenheiten), doit être distinguée de la doctrine du règne « sémantique » (celui des représentations et des propositions en soi). Ces dernières entités n’appartiennent pas à la sphère de l’ontologie, et il est impossible de trouver quelque chose comme une « ontologie formelle » chez Bolzano qui serait en

    charge de s’occuper d’elles, c’est-à-dire une doctrine qui les traiterait comme des « êtres ». L’auteur s’intéresse, de ce point de vue, à la distinction importante faite par Bolzano, entre les propriétés ( Beschaffenheiten), qui doivent être prises en un sens ontologique, et les déterminations ( Bestimmungen) qui, bien que rapportées à des objets et éventuellement des êtres, n’ont pas de sens indépendamment d’un discours tenu sur ces objets, et ne sont pas des entités ontologiques à proprement parler. Ainsi, l’auteur essaie de mettre en lumière la complexité des relations entre le plan sémantique et le plan ontologique chez Bolzano: les deux plans doivent être soigneusement distingués, et pourtant demeurent aussi corrélés en un sens complexe."

  14. Bouveresse, Jacques. 2000. "Sur les représentations sans objet." Études Philosophiques no. 4:519-534.

    "Jacques Bouveresse réinscrit l'œuvre de Bolzano dans le contexte de l'histoire de la philosophie autrichienne. Il montre comment le fameux problème des « représentations sans objet », dont l'école de Brentano s'est tant occupée, trouve sa source dans l'œuvre du philosophe tchèque. Il compare le traitement bolzanien du problème et les traitements variés essayés dans l'école de Brentano. En définitive, il met en lumière l'originalité de la position wittgensteinienne sur cette question: comme Bolzano (mais contre Brentano), Wittgenstein rejette une interprétation psychologique du problème; mais il refuse aussi (comme Brentano) l'objectivisme sémantique de Bolzano."

  15. Brisart, Robert. 2002. "Husserl et Bolzano: le lien sémantique." Recherches Husserliennes no. 18:3-29.

  16. Cantù, Paola. 2006. "Bolzano et les propositions en soi: une théorie objective des vérités." In Propositions et états de choses. Entre être et sens, edited by Benoist, Jocelyn, 51-66. Paris: Vrin.

    "Bernard Bolzano présente sa théorie logique des propositions en soi dans les deux premières parties de sa Wissenschaftslehre, publiée en 1837, mais quelques aspects sont déjà traités dans un échange épistolaire avec Exner daté de 1834 et dans les Beyträge zu einer begründeteren Darstellung der Mathematik de 1810: ce dernier texte montre que l’intérêt de Bolzano à la connaissance scientifique et à l’étude de la logique est étroitement lié à la recherche mathématique (1).

    Avant d’exposer les différences entre propositions en soi et états des choses et avant d’expliquer les raisons et les conséquences de cette opposition, j’esquisserai quatre traits fondamentaux de la logique bolzanienne: la définition et la fonction des propositions en soi et des représentations en soi, le propositionalisme, qui dans la théorie de la signification attribue le rôle le plus important aux propositions, la nature des relations entre représentations subjectives, objectives et objets, la conception sémantique de la vérité (2).

    Parallèlement je mentionnerai quatre conceptions que Bolzano critique vigoureusement: le psychologisme, l’interprétation intentionnelle des représentations en soi, le concept traditionnel de adequatio entendu comme ressemblance entre concepts et objets, l’idée que tous les concepts doués de sens ont un objet, soit réel soit irréel.

    L’analyse des fondements de la théorie logique de Bolzano nous permet de remarquer:

    – que la théorie de la vérité n’est pas une théorie de la correspondance en tant que adequatio entre idées et objets;

    – que les propositions en soi sont ce qui porte la valeur de vérité ( truthbearers) et donc ne jouent pas le rôle d’état de choses, de quelque façon qu’on l’entende;

    – que la logique bolzanienne peut être définie un platonisme logique, seulement dans la mesure où elle refuse une conception épistémique de la vérité, et qu’il est de toute façon préférable qu’elle soit considérée un objectivisme sémantique, car elle ne distingue pas deux niveaux différents de l’être.

    (1) Cf. B. Bolzano, [BY] : Beyträge zu einer begründeteren Darstellung der Mathematik, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1974 ; [WL] : Wissenschaftslehre, Sulzbach, 1837, in Gesamtausgabe, I. Schriften, spécialement t. 11-12, Stuttgart-Bad Cannstatt, Frommann-Holzboog, 1985-88 ; [BfW] : Der Briefwechsel B. Bolzano’s mit F. Exner, in Bernard Bolzanos Schriften (Spisy=Schriften), éd. E. Winter, t. 4, Prag, Königliche Böhmische Gesellschaft, 1935.

    (2) Sur la logique de Bolzano voir J. Sebestik, Logique et Mathématique chez Bernard Bolzano, Paris, Vrin, 1992 et J. Berg, Bolzano’s Logic, Stockholm, Almqvist & Wiskell, 1962.

  17. Cavaillès, Jean. 1946. "La théorie de la science selon Bolzano." Deucalion no. I:195-202.

    Repris dans: J. Cavaillés, Sur la logique et la théorie de la science, Paris: Presses universitaires de France, 1947; nouvelle édition avec une postface de Jan Sebestik, Paris: Vrin, 1997 et dans J. Cavaillès, Œuvres complètes de philosophie des sciences, Paris: Hermann, 1994, pp. 653-658.

  18. Danek, Jaromir. 1971. "La méthodologie de Bolzano. Un thème dans la genèse de la pensée phénoménologique et de l'humanisme de notre temps." Dialogue no. 10:504-516.

    "Le point de départ est logique. Et la logique signifie pour Bolzano une théorie et une méthodologie des sciences. Son œuvre maîtresse, la Doctrine de la Science (WL) est ainsi un livre de logique. Lorsqu'il examine les fondements de toute science, c'est-à-dire, lorsqu'il les définit comme un ensemble de lois analytiques et universelles qui, à leur tour, constituent une science en soi, Bolzano fait bien une analyse de type spécifiquement logique, mais dans le même moment, c'est véritablement sa philosophie qu'il réalise, à savoir, la philosophie des fondements objectifs et a priori de la réalité concrète."

  19. ———. 1975. Les projets de Leibniz et de Bolzano. Deux sources de la logique contemporaine. Québec: Presse de l'Université de Laval.

  20. Dubucs, Jacques, and Lapointe, Sandra. 2003. "Preuves par excellence." Philosophiques no. 30:219-234.

  21. Duhn, Anita von. 2003. "Les remarques de Bolzano sur les couleurs." Revue de Métaphysique et de Morale:463-488.

    "Les remarques de Bolzano sur les couleurs n’ont pas fait l’objet de recherches jusqu’à présent. Le but de cet article est de montrer que ses investigations sur les couleurs constituent une contribution intéressante à la théorie de la connaissance du XIXe siècle. Selon Bolzano, les couleurs sont des qualités secondes ainsi que des propriétés physiques et, par conséquent, elles sont des quantités mesurables. Il soutient que la perception des couleurs est réglée par des lois empiriques et il argumente que les couleurs que nous voyons sont déterminables par des concepts de grandeur."

  22. Fréchette, Guillaume. 2011. "De la proposition à l’état de choses: Husserl lecteur de Bolzano." In Catégories ontologiques et catégories logiques, edited by Seron, Denis, 45-68. Liège: Presses de l’Université de Liège.

  23. Gallerand, Alain. 2012. "Les apories du concept de redondance logique chez Bolzano." Bulletin d’analyse phénoménologique no. 8:1-27.

    "Le concept de redondance logique chez Bolzano soulève plusieurs difficultés. Il ne s’accorde ni avec la notion de représentation simple qu’il est censé expliquer, puisque Bolzano définit les individus comme des unités composées de plusieurs caractères et décrit les représentations singulières (noms propres et indexicaux) comme l’abréviation de descriptions définies, ni avec la distinction entre jugements synthétiques et analytiques, car il suppose que l’analyse d’un sujet individuel permet d’en dévoiler un à un les prédicats, comme si l’expérience ne jouait aucun rôle dans la connaissance des individus. Pourquoi Bolzano reste-t-il donc attaché à un concept aussi problématique ? Est-ce le seul moyen d’expliquer comment nous nous représentons des individus ? Nous montrerons que les apories de la notion de redondance logique témoignent de l’influence de la théorie leibnizienne du jugement, et qu’une version phénoménologiquement améliorée de la sémantique objective est néanmoins capable de les surmonter et de rétablir la simplicité de la représentation et la synthèse du jugement dans leurs droits."

  24. ———. 2013. "Bolzano et le problème du rapport intension/extension: La redondance logique vs. le principe de proportionnalité inverse." Bulletin d’analyse phénoménologique no. 9:1-25.

    "Cet article, qui fait suite à une publication précédente («Les apories du concept de redondance logique chez Bolzano»), poursuit un double objectif : (I) démontrer que les apories que nous avions relevées peuvent être surmontées par l’analyse des rapports extensionnels entre représentations; (II) évaluer la contribution de Bolzano à la question classique des rapports intension/extension telle qu’elle a été posée par Port-Royal. La logique des classes, dont Bolzano pose les fondements ( Théorie de la science, 2e partie, 3e section), permet en effet de dégager les lois de la redondance logique — auxquelles Bolzano ne cesse de faire implicitement référence sans en donner la formule — et de délimiter le champ d’application du principe classique de proportionnalité inverse entre intension et extension auquel déroge précisément la redondance. La critique bolzanienne de la logique de Port-Royal prend alors tout son sens."

  25. George, Rolf. 2003. "Intuitions." Philosophiques no. 30:19-46.

  26. Granger, Gaston-Gilles. 1969. "Le concept de continu chez Aristote et Bolzano." Études Philosophiques:513-523.

  27. Gyemant, Maria. 2013. "Bolzano et le psychologisme. Sur la possibilité des représentations sans objet." Philosophie:45-66.

    "Ce texte met face à face la position bolzanienne sur la représentation, qui est essentiellement antipsychologiste, et les critiques qu'il a reçu de la part de deux auteurs partisans d'une position d'inspiration brentanienne. Le premier de ces auteurs, Franz Exner, a eu un dialogue prolongé avec Bolzano sur le thème de l'objet des représentations. Twardowski a, de son côté, conçu sa thèse d'habilitation comme une réponse à la thèse bolzanienne des représentations sans objet. dans ce texte j'essaie d'une part de comparer ces deux critiques entre elles et d'autre part de tirer les conclusions quant à leur succès contre Bolzano."

  28. Haller, Rudolf. 1987. "Remarques sur la tradition sémantique." Archives de Philosophie no. 50:359-369.

  29. Künne, Wolfgang. 2009. "Bolzano et (le jeune) Husserl sur l'intentionnalité." Philosophiques no. 36:307-354.

  30. Lapointe, Sandra. 2000. "Analyticité, universalité et quantification chez Bernard Bolzano." Études Philosophiques 455-470.

  31. ———. 2002. "Bolzano et la réception de Kant en Autriche." In Années 1781-1801. Kant. Critique de la raison pure. Vingt ans de réception, edited by Piché, Claude, 263-271. Paris: Vrin.

  32. ———. 2003. "Principe de priorité et principe du contexte chez Bolzano et Husserl." In Aux origines de la phénoménologie. Husserl et le contexte des Recherches logiques, edited by Fisette, Denis, 93-110. Paris: Vrin.

  33. ———. 2003. "Bernard Bolzano: Œuvres." Philosophiques no. 30:235-243.

  34. ———. 2003. "Bibliographie." Philosophiques no. 30:235-243.

    "Cette bibliographie a pour but de faire le point sur les études bolzaniennes de langue française et d’orienter le lecteur à travers la littérature sur le sujet.

    Nous y faisons l’inventaire des articles et monographies francophones portant sur Bolzano — dont le nombre, comme on aura tôt fait de le constater, reste regrettablement marginal. Le lecteur y trouvera également la liste des traductions françaises publiées ou projetées des œuvres de Bolzano. Nous incluons les monographies et les traductions anglophones les plus importantes et nous fournissons le descriptif du projet d’édition des Ouvres complètes (Bernard Bolzano- Gesamtausgabe) de même que la liste des ouvrages parus en allemand et en anglais dans la série Contributions aux recherches bolzaniennes ( Beiträge zur Bolzano-Forschung). Pour un complément à cette bibliographie, on consultera Sebestik, Logique et Mathématique chez Bernard Bolzano (1992). Le nombre de publications en allemand et en anglais est plus considérable. On consultera à ce sujet les volumes 2 et 10 des Beiträge zur Bolzano Forschung."

  35. ———. 2003. "Introduction: Bernard Bolzano. Contexte et actualité." Philosophiques no. 30:3-17.

    "Le présent numéro est consacré principalement aux aspects de l’œuvre de Bolzano qui concernent sa philosophie de la logique et sa théorie de la connaissance. Ce thème a semblé, d’entrée de jeu, être celui le plus susceptible de susciter l’intérêt du lecteur et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, Bolzano s’est fait, dans ces domaines, le brillant précurseur de plusieurs découvertes importantes et l’étude de ses théories fournit un prétexte opportun pour faire le point sur les conceptions contemporaines, par exemple, de l’analyticité, de la conséquence, de la preuve, du nombre, etc. Deuxièmement, les liens qui se dessinent entre Bolzano et des auteurs aussi importants que Kant, Husserl et Twardowski, mais aussi Frege, Carnap et Tarski, marquent la nécessité de réévaluer certaines idées reçues en ce qui concerne l’histoire de la philosophie analytique. À cet égard, on se doit de mentionner que l’intérêt suscité depuis quelques années par la connexion historique étroite — connexion dont une certaine phénoménologie a longtemps fait fi — entre Bolzano et le fondateur de la phénoménologie a motivé un renouvellement des études husserliennes et a permis de mieux comprendre les origines communes de la philosophie analytique et de la phénoménologie. Enfin, les thèmes autour desquels gravitent les articles réunis ici témoignent d’un aspect essentiel de la contribution de Bolzano à la philosophie. Notre intention est de fournir au lecteur francophone un moyen de se familiariser avec un aspect incontournable d’une œuvre d’une richesse immense tout en montrant sa saisissante actualité.

    Dans le reste de cette introduction, je présente les éléments qui permettront au lecteur de s’initier aux grandes lignes de la philosophie bolzanienne et, en le référent aux articles pertinents, de s’orienter dans ce qui suit.

  36. ———. 2008. Qu'est-ce que l'analyse? Paris: Vrin.

    Sur Bolzano voir la traduction française partielle de Théorie de la Science § 147-148 (pp. 91-96) avec commentaire (pp. 97-126).

  37. Laz, Jacques. 1990. "Un platonicien débridé? Bolzano, critique de l'intuitionnisme kantien." Philosophie no. 27:13-29.

  38. ———. 1993. Bolzano critique de Kant. Suivi de Bernard Bolzano Sur la doctrine kantienne de la construction des concepts par les intuitions. Paris: Vrin.

  39. Majolino, Claudio. 2000. "Variation(s) I. Bolzano et l'équivocité de la variation." Études Philosophiques 471-488.

  40. Mansour, Goufrane. 2008. "Bolzano: objectivité sémantique et subjectivité de la perception." Revue de Métaphysique et de Morale no. 60:551-569.

    "De la pensée de Bolzano, l’objectivisme sémantique est certainement l’aspect le plus largement commenté. Mais son œuvre maîtresse, la Wissenschaftslehre, comprend aussi bien la version la plus aboutie de cet objectivisme qu’une partie proprement épistémologique, la « Théorie de la Connaissance ». Si l’épistémologie bolzanienne repose sur la désubjectivation des éléments de la connaissance, la théorie de la perception présente dans cette Wissenschaftslehre prête au sujet connaissant un rôle actif dans l’élaboration du réel perceptif."

  41. Miskiewicz, Wioletta. 2004. ""L'affaire Zimmermann". À propos des influences bolzaniennes dans l'École de Lvov et de Varsovie." In Aristote au XIXème siècle, edited by Thouard, Denis, 377-394. Lille: Presses Universitaires du Septentrion.

  42. Morscher, Edgar. 2003. "La définition bolzanienne de l'analyticité logique." Philosophiques no. 30:149-169.

    Traduction de: Logische Allgemeingültigkeit, dans: Beiträge zur Bolzano-Forschung 11, 1999, pp. 179-206.

  43. Mulligan, Kevin. 1997. "Sur l'histoire de l'approche analytique de l'histoire de la philosophie: de Bolzano et Brentano à Bennett et Barnes." In Philosophie analytique et histoire de la philosophie, edited by Vienne, Jean-Michel, 61-103. Paris: Vrin.

  44. Pégny, Gaëtan. 2013. "Bolzano et Hegel." Revue de Métaphysique et de Morale no. 78:215-243.

    "L’allergie de Bolzano à l’œuvre de Hegel est un fait souligné dans presque toutes les présentations de sa pensée. Pourtant, conformément à son éthique intellectuelle, il a tenté de se familiariser avec cette philosophie qu’il rejetait plus que toute autre. Il a même, tardivement, reconnu qu’il pouvait s’y trouver des propositions justes. Afin d’affiner la compréhension de la relation de Bolzano à Hegel, on se propose ici de reconstruire la polémique des Trois essais sur Hegel en montrant qu’elle recoupe bien des formes d’anti-hégélianisme devenues canoniques (la critique de la philosophie de l’histoire notamment), mais dans un contexte qui lui est propre et la spécifie. Dans un second temps, on reviendra sur les divergences philosophiques à l’origine de la nécessité pour Bolzano de critiquer un auteur et ses disciples, dans lesquels il voit une forme de régression intellectuelle et sociale, divergences qui imposent et orientent une lecture. Ces divergences sur la compréhension du rôle du langage et de la philosophie, du rapport des représentations au réel, ou sur la définition de l’infini, sont sous-jacentes à la polémique des Trois essais, mais on doit en chercher la formulation dans le reste du corpus bolzanien."

  45. Proust, Joëlle. 1992. "L'intensionnalisme sans le réel: de Bolzano à Katz." Histoire Épistémologie Langage no. 14:245-257.

    "On s'intéresse ici à la perspective sémantique consistant à maintenir strictement disjoints la définition réelle (ayant trait à l'objet et à ses propriétés) et la définition nominale (concernant la représentation ou le sens et ses constituants). Ainsi Bolzano montre-t-il que des paradoxes surgissent quand on donne une interprétation « réelle » de la composition « nominale ».

    Cependant Putnam dans une série d'articles célèbres donne des arguments tendant à démontrer qu'il n'existe pas de classes de vérités qui soient d'ordre purement sémantique ou nominal: les usages linguistiques dépendent toujours d'un état du monde. Les

    arguments de Putnam peuvent toutefois être efficacement combattus en abandonnant certaines exigences propres à la sémantique frégéenne. On montre les affinités entre la stratégie suggérée par Katz dans une série de travaux récents et celle de

    Bolzano."

    Katz, J. J. (1977) « A proper theory of names », Philosophical Studies, 31, 1-80.

    Katz, J. J. (1990a) « The domino theory », Philosophical Studies, 58, 3-39.

    Katz, J. J. (1990b) « Has the description theory of names been refuted ? », Meaning and Method: Essays in Honor of Hilary Putnam, édité par George Boolos, Cambridge : Cambridge university Press.

    Katz, J. J. (1992) « The new intensionalism », Unpublished manuscript, 1992.

    Putnam, H. (1962) « It ain't necessarily so », The Journal of Philosophy, 49, 2, 658-671.

    Putnam, H. (1970) « Is semantics possible ? », Metaphilosophy , I, 187-201 ; reproduit dans Mind, Language and Reality, Philosophical Papers, t. II, Cambridge: Cambridge University Press, 1975.

    Putnam, H. (1975). « The meaning of meaning » in K. Gunderson éd., Language, Mind and Knowledge, Minnesota Studies in the Philosophy of Science, VII ; reproduit dans Mind, Language and Reality, Philosophical papers, t. II, Cambridge: Harvard University Press.

  46. Rusnock, Paul. 2001. "Refaire les mathématiques: Bolzano lecteur de Lagrange." In La philosophie autrichienne de Bolzano à Musil. Histoire et actualité, edited by Cometti, Jean-Pierre and Mulligan, Kevin, 121-137. Paris: Vrin.

  47. ———. 2003. "Qu'est-ce que la représentation? Bolzano et la philosophie autrichienne." Philosophiques no. 30:67-81.

  48. ———. 2003. "La théorie des intuitions chez Bolzano." In Aux origines de la phénoménologie. Husserl et le contexte des Recherches logiques, edited by Fisette, Denis and Lapointe, Sandra, 111-123. Paris: Vrin.

  49. Schmutz, Jacob. 2009. "Quand le langage a-t-il cessé d'être mental? Remarques sur les sources scolastiques de Bolzano." In Le langage mental du Moyen Âge à l'âge classique, edited by Biard, Joël, 307-337. Paris: Vrin.

  50. Schnieder, Benjamin. 2003. "Bolzano sur la structure des propositions et le rôle sémantique des propriétés." Philosophiques no. 30:83-103.

  51. Sebestik, Jan. 1984. "Bolzano et Brentano. Deux sources autrichiennes du Cercle de Vienne." Fundamenta Scientiae no. 5:219-235.

  52. ———. 1987. "Premiers paradoxes bolzaniens de l'infini avec un texte inédit de B. Bolzano." Archives de Philosophie no. 50:403-411.

  53. ———. 1992. Logique et sémantique chez Bernard Bolzano. Paris: Vrin.

  54. ———. 1996. "Études bolzaniennes." Revue de Métaphysique et de Morale:437-448.

  55. ———. 1999. "Forme, variation et déductibilité dans la logique de Bolzano." Revue d'Histoire des Sciences no. 52:479-506.

  56. ———. 2003. "La dispute de Bolzano avec Kant. Fragment d'un dialogue sur la connaissance mathématique." Philosophiques no. 30:47-66.

  57. Seron, Denis. 2006. "La controverse sur la négation de Bolzano à Windelband." Philosophie:58-78.

    "Il y a certainement lieu d’évoquer, du point de vue de l’histoire de la philosophie de langue allemande du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle, un problème de la négation. Ce problème de la négation se ramène à un petit nombre de questions

    fondamentales. En particulier : l’affirmation et la négation se situent-elles strictement sur le même plan et sont-elles « coordonnées » ( koordiniert) ? La négation est-elle une propriété du contenu de l’acte judicatif, ou une propriété de l’acte judicatif lui-même? Si la négation est simplement la qualité de rejet, qu’est-ce qui est rejeté dans le jugement négatif? Le jugement négatif est-il pour autant un « jugement de valeur »? Existe-t-il des représentations négatives? Le jugement négatif est-il synonyme de séparation, ou réclame-t-il encore, comme le jugement affirmatif, une liaison entre des contenus représentatifs? « S n’est pas p » est-il une forme primitive du jugement au même titre que « S est p », comme le pensait Kant par exemple? Ou bien est-il, comme le pense Husserl, le résultat d’une modification de la forme primitive de tout jugement « S est p »? Quel est le lieu de la négation? Est-ce la copule, le prédicat, ou ni l’un ni l’autre? Je me propose ici d’indiquer schématiquement en quels termes ces questions ont été posées et de retracer quelques étapes de ce questionnement depuis Lotze et Bolzano, en m’arrêtant avant Frege et Husserl et en n’évoquant qu’occasionnellement les conceptions de Brentano et des brentaniens."

  58. Siebel, Mark. 2003. "La notion bolzanienne de déductibilité." Philosophiques no. 30:171-189.

  59. Simons, Peter. 2003. "Bolzano sur les nombres." Philosophiques no. 30:127-135.

  60. Sinaceur, Hourya. 1975. "Bolzano est-il le précurseur de Frege?" Archiv für Geschichte der Philosophie no. 57:286-303.

  61. ———. 1996. "Bolzano et les mathématiques." In Les philosophes et les mathématiques, edited by Barbin, Évelyne and Caveing, Maurice, 150-173. Paris: Ellipses.

    I. La recherche des premières raisons au royaume de la vérité: Les sciences a priori et les autres; Concept et intuition, analytique et synthétique; La théorie des sciences purement a priori ou théorie du sens objectif. – II. La reconstruction axiomatique et l’arithmétisation des mathématiques: La connexion objective des vérités; Concepts primitifs; L’arithmétisation. – III. Les ensembles infinis: Le concept d’infini actuel; Les grandeurs et les nombres; Les divers infinis. – IV. Les nombres de l’arithmétique pure. – Conclusion.

  62. ———. 1999. "Réalisme mathématique, réalisme logique chez Bolzano." Revue d'Histoire des Sciences no. 52:457-477.

  63. Tatzel, Armin. 2003. "La théorie bolzanienne du fondement et de la conséquence." Philosophiques no. 30:191-217.

    "Le but de cet article est de présenter et d’évaluer la théorie de la fondation de Bernard Bolzano, c’est-à-dire sa théorie du concept exprimé et de la relation mise en jeu par « parce que ». Dans la première partie (§§1-4), le concept de fondation est distingué et mis en relation avec trois autres concepts: le concept de raison épistémique, le concept de causalité et le concept de déductibilité (c’est-à-dire de conséquence logique). Dans la seconde partie (§§5-7), je reconstruis la théorie bolzanienne de la fondation sous forme axiomatique et j’en offre une discussion critique."

  64. Textor, Mark. 2000. "Bolzano et Husserl sur l'analyticité." Études Philosophiques 435-454.

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